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6 February 2026

Comment transformer un concept neuroscientifique en technologie utilisable au quotidien ?

L’illustration ci-dessus montre la différence entre une image visuelle classique et une représentation basée uniquement sur la profondeur, telle que nous l’utilisons chez SeeHaptic.

Chez SeeHaptic, les neurosciences constituent le socle de chaque choix technologique. L’enjeu est de les traduire en usages réels, compatibles avec un déploiement industriel et une utilisation quotidienne.


Concevoir pour le cerveau

La vision humaine n’est pas une simple captation d’images. Elle résulte d’un traitement permanent de l’information par le cerveau, qui sélectionne, filtre et reconstruit une représentation exploitable de l’environnement.

Partant de ce constat, notre objectif n’a jamais été de “montrer” des images autrement, ni de reproduire ce que perçoit une rétine. Nous cherchons à fournir au cerveau des informations qu’il sait déjà interpréter efficacement, sous une forme compatible avec ses mécanismes naturels.

Cette approche implique une conséquence majeure : tout ce qui est techniquement possible n’est pas nécessairement utile.


Ce que nous choisissons de montrer… et ce que nous choisissons d’ignorer

Un environnement visuel contient une quantité considérable d’informations : couleurs, textures, détails fins, variations de luminosité. Or, pour se déplacer en sécurité, le cerveau n’utilise qu’une partie très réduite de ces données.

Dans un dispositif d’assistance à la mobilité, transmettre toutes les informations visuelles n’est ni utile ni souhaitable. Un choix structurant consiste à ne conserver que les informations spatiales essentielles, notamment la profondeur et la distance. C’est ce principe que nous avons retenu chez SeeHaptic.

Les couleurs, les textures ou les détails esthétiques ne sont pas des informations immédiatement exploitables pour la mobilité. En les supprimant, nous réduisons la charge cognitive et facilitons l’interprétation rapide de l’environnement.

L’enjeu n’est pas de restituer une image fidèle, mais de fournir une représentation fonctionnelle, directement actionnable.

L’illustration ci-dessus montre la différence entre une image visuelle classique et une représentation basée uniquement sur la profondeur, telle que nous l’utilisons chez SeeHaptic.

Pourquoi la vitesse conditionne l’utilisabilité

Un autre paramètre fondamental est la vitesse à laquelle l’information est transmise.

Contrairement à une intuition répandue, un affichage lent n’est pas plus confortable. Lorsqu’une information sensorielle arrive trop lentement, le cerveau doit la mémoriser pour la traiter, ce qui augmente fortement la charge cognitive.

À l’inverse, un affichage rapide permet un traitement quasi réflexe, sans passage par la mémoire à court terme. C’est à partir d’un certain seuil de rafraîchissement que l’information devient instinctive, et nettement moins fatigante à l’usage.

Ce point est déterminant pour un dispositif destiné à être porté plusieurs heures par jour.

Afficher de l’information sans saturer la perception

Transmettre de l’information tactile pose un défi spécifique : la pression seule est difficile à mesurer précisément, et lente à interpréter.

Pour contourner cette limite, SeeHaptic repose sur un principe de balayage temporel. L’information n’est pas transmise par une variation d’intensité, mais par un décalage extrêmement fin dans le temps entre différentes stimulations.

Le cerveau humain est particulièrement performant pour détecter de très petites différences temporelles. Ce mécanisme, déjà exploité par la vision, permet de reconstruire une image de profondeur de manière intuitive, sans apprentissage complexe.

Cette approche s’inspire de mécanismes biologiques existants, où la perception repose sur l’analyse du temps plutôt que sur l’intensité brute du signal.

Des choix technologiques compatibles avec l’industrialisation

Un dispositif d’assistance ne peut pas rester un prototype de laboratoire. Il doit être robuste, portable, réparable et accessible économiquement.

C’est pourquoi SeeHaptic repose sur des composants grand public de haute qualité, comparables à ceux utilisés dans les smartphones modernes. Ce choix permet :

  • une puissance de calcul suffisante,
  • une fiabilité éprouvée,
  • un coût compatible avec une diffusion à grande échelle.

L’accessibilité n’est pas une contrainte secondaire : c’est une condition de l’impact réel de la technologie.

Tester dans le réel, pas seulement en environnement contrôlé

Le développement de SeeHaptic s’appuie sur plus de 300 testeurs aux profils très variés, allant de personnes aveugles de naissance à des personnes présentant des déficiences visuelles variées.

Les environnements virtuels ont été utilisés pour accélérer les itérations, explorer rapidement des hypothèses et collecter des données. Mais chaque résultat est systématiquement confronté au monde réel.

La réalité quotidienne est imprévisible. Elle mobilise plusieurs sens simultanément, et c’est cette complémentarité sensorielle qui permet d’évaluer si l’information transmise s’intègre harmonieusement, ou entre en conflit avec les autres perceptions.

C’est cette exigence qui guide aujourd’hui nos projets de validation scientifique et clinique.

Adopté par les utilisateurs.

Validé par la science.

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